L'utilisation des sédiments pour lutter contre l'érosion côtière

Rencontre de l’équipe du CERMIM (Centre de Recherche sur les Milieux Insulaires et Maritimes aux Iles de La Madeleine, Québec) en visite en région Hauts-de-France pour découvrir les chantiers expérimentaux de la démarche SEDIMATERIAUX.

Entrevue avec Mayka Thibodeau, directrice associée et Marc-Olivier Massé , directeur associé du CERMIM. 

 

Quelles sont les problématiques que vous rencontrez aux Iles de la Madeleine ?

Notre plus grande problématique est l’érosion côtière et toute la disponibilité des matériaux granulaires sur le territoire. Quand on vient à lutter contre l’érosion et que l’on n’a pas de matériaux, il faut être innovant et regarder comment pallier à ce manque.

Notre présence au congrès I2SM à Montréal nous a permis de regarder de quelle façon utiliser les sables, sédiments issus des campagnes de dragage pour valoriser dans la lutte de l’érosion côtière ou la fabrication de matériaux granulaires, en substitution dans les bétons.  Les volumes dragués dans les ports fédéraux représente 40 à 50 000 m³, plus une société minière  qui drague dans son chenal de navigation de 10 km environ  250 000 m3  par campagne de 3 ans.

Le CERMIM existe depuis une dizaine d’années, il est affilié à l’université qui fait de l’innovation, de la recherche appliquée. Il s’associe à des experts de différents domaines pour travailler sur des enjeux gestion matériaux résiduels, économie circulaire, énergie et eau, et la valorisation des sédiments de dragage est majeure.

Que venez-vous chercher dans la région Hauts-de-France et que pouvez-vous apporter ?

Nous sommes venus rencontrer les chercheurs et experts dans le domaine et nous sommes bien accueillis. Vous êtes beaucoup plus en avance sur les stratégies de valorisation des sédiments, nous voulions voir où vous en êtes rendus, et voir les partenariats nécessaires pour être capables d’amener la technologie et les savoir-faire chez nous et avec vous, et être capables avec nos partenaires du Canada étudier comment on pourrait ajuster les méthodes européennes dans notre contexte climatique nord américain, et ainsi créer une sorte de point de chute, de hub de connaissances dans ce domaine avec IMTLille- Douai et nouer des partenariats avec les entreprises rencontrées. On travaille d’abord à comment structurer ce partenariat.
 
Les Iles de la Madeleine sont au cœur du Golfe saint Laurent et représentent un joyau du Québec, un endroit privilégié, qui évolue sous contraintes pour l’offrir à titre de laboratoire. IMT Lille-Douai trouve l’idée intéressante d’un laboratoire insulaire comme lieu de comparaison à l’échelle internationale.

Quel est l’objectif du CERMIM ?

Le CERMIM est en contact avec d’autres industriels, d’autres administrations portuaires, qui ont une problématique ailleurs sur le territoire canadien. Pour le moment, la première étape consiste à tester les méthodes, mais il y a des problèmes ailleurs, alors par la suite, avec les alliances que nous sommes en train de développer avec des universitaires et industriels, nous souhaitons être capables de répondre à d’autres besoins ailleurs que sur les Iles de la Madeleine.

 

 

Chantier expérimental de VNF : Matelas Gabion à base de sédiments